La situation mondiale fait déjà état d’une hégémonie des mastodontes Amazon, Microsoft et Google en termes d’offre Cloud, pourquoi s’associer à l’un des 3 monopoles pour « construire un Cloud Européen indépendant » ? La longueur de la cuiller n’y fera rien, il s’agit bien de « souper avec le diable », le Cloud European Act du commissaire européen Thierry Breton (et ancien patron de THOMSON ou d’ATOS) est très mal parti …

Nous dénonçons ici ce double langage, cette contradiction entre les déclarations de principe et les actes.

Il est urgent de se rassembler pour définir une autre approche et une autre offre.

Il faut :

  • une politique claire, et autonomes par rapport aux GAFAM ou aux puissances tierces (USA, Chine, Taïwan …) en promouvant par exemple les solutions logicielles open source..
  • cesser les « coopérations » avec les Cisco[1], Microsoft ou Google, et remettre les chercheurs européens sur des pistes indépendantes (des brevets indépendants existent, mais ils sont anciens : il est nécessaire de reprendre les recherches) et donc d’y consacrer des moyens en hommes et en financements.
  • reconsidérer le fonctionnement et le pilotage des Comités Stratégiques de Filières (CSF). Le gouvernement à donner les clefs aux lobbyistes qui agissent pour leurs propres intérêts en se moquant de la souveraineté du pays.
  • démocratiser les CSF, mais aussi, comme la CGT le porte depuis plusieurs années, les décloisonner, notamment ceux de l’électronique, des technologies de la santé et celui de la sécurité. Ces trois CSF font sens par leurs complémentarités et peut donner lieu à des actions concrètes pour favoriser la coopération et la mobilisation des forces endogènes du pays base incontournable pour la reconquête de notre souveraineté ….
  • tirer les enseignements des politiques d’informatisations successives et reconsidérer celles-ci. Une autre approche de l’informatique était possible : il faut tisser les liens entre santé et industrie [2]. Il serait judicieux de maintenir des départements systèmes d’Information et mettre en place des Unités de Recherche Développement dans chaque regroupement pertinent d’hôpitaux. – retrouver le contrôle en développant un pôle public d’informatique hospitalière et mettre un terme à la concurrence public/public dans les hôpitaux.
  • re-construire une filière européenne, ou a minima en coopération avec les pays qui ont encore des capacités (France, Italie, Allemagne, Pays-Bas ?) dans le domaine des composants électroniques et les puces microprocesseurs (le franco-italien ST Micro a jeté l’éponge dans la course aux nouvelles générations de puces – moins de 10 nanomètres de définition), pour ne plus dépendre du Taïwanais TSMC (55% du marché mondial), de l’américain Intel, ou du Coréen Samsung. Pour cela, il faut des moyens (une nouvelle usine de production de puces coute environ 15 GE), des financements publics ET privés (les grands groupes, qui ont tous des enjeux de souveraineté devront être mis à contribution pour des investissements responsables dans cette nouvelle filière), et une revalorisation du métier de chercheur (pour éviter qu’ils n’aillent chez Facebook ou Google …). Pas de cloud « souverain » sans composants maîtrisés de A à Z, et dans un environnement technologique « de confiance ».

[1]  https://revue-progressistes.org/2015/12/24/big-data-souverainete-nationale-et-secret-medical-sylvain-delaitre/

[2] https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/une-autre-approche-de-l-informatique-etait-possible-il-faut-tisser-les-liens


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