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	<title>Archives des pix &#8211; Imagerie d&#039;Avenir</title>
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	<description>Industries et Technologies de Santé</description>
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	<title>Archives des pix &#8211; Imagerie d&#039;Avenir</title>
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		<title>La filière médicale doit devenir une affaire citoyenne</title>
		<link>https://imageriedavenir.fr/2018/04/09/la-filiere-medicale-doit-devenir-une-affaire-citoyenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Imagerie d'Avenir]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Apr 2018 13:31:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[pix]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On peut aujourd’hui mesurer les effets désastreux de cette opération notamment sur le plan de notre balance commerciale avec les États Unis, l’Allemagne, la Hollande ou encore la Corée du Sud (2). Cet abandon, au-delà de la dégradation de notre balance commerciale et de la baisse des emplois qu’elle a provoquée, a engendré d’autres conséquences [...]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut aujourd’hui mesurer les effets désastreux de cette opération notamment sur le plan de notre balance commerciale avec les États Unis, l’Allemagne, la Hollande ou encore la Corée du Sud (2).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet abandon, au-delà de la dégradation de notre balance commerciale et de la baisse des emplois qu’elle a provoquée, a engendré d’autres conséquences plus sournoises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vente de la CGR marque un tournant dans la relation entre l’industrie et le «&nbsp;monde de la médecine&nbsp;». C’est la fin de la co-élaboration des cahiers des charges pour définir l’appareil, l’instrument, le logiciel souhaité par les professionnels soignants, comme cela existait au centre de recherche et développement de BUC (78).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette pratique a été remplacée par&nbsp;«&nbsp;l’achat sur étagère&nbsp;»&nbsp;; le client aura alors le choix d’acquérir l’objet de ces désirs en parcourant le catalogue de General Electric. La possibilité d’aménagement à la marge est possible, moyennant des surcoûts non négligeables. Une autre possibilité subsiste en effectuant l’achat d’un modèle supérieur afin de posséder les fonctions souhaitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce terme «&nbsp;achat sur étagère&nbsp;» est porteur d’un sens fort contestable, celui de produit standard, quelque chose qui se voudrait neutre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, la technique et les dispositifs qui en découlent ne sont pas neutres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les pays n’ont pas la même politique de santé, le même système social, les mêmes pratiques et organisations du travail. Les pays marqués par de fortes convictions libérales, une protection sociale privée, une considération marchande de la maladie, conçoivent les techniques à mettre en œuvre pour servir cette politique. Appliqués au domaine des logiciels, ceux-ci deviennent de véritables armes de guerre pour tuer la souveraineté d’un pays qui n’aurait pas adopté cette logique marchande.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En décidant de se doter de dispositifs de santé étrangers, les gouvernements français successifs nous font glisser vers un système de santé plus libérale, et ceci en siphonnant le budget de notre sécurité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La phase actuelle d’informatisation décuple la menace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non content de diffuser leurs logiciels (3) les sociétés étrangères développent des centres de recherche et de formation sur le sol Français, cela est loin d’être une bonne nouvelle. Au passage, ils deviennent éligibles au Crédit Impôt Recherche&nbsp;(4)&nbsp;alors même que cette R&amp;D ne se traduira pas par une industrialisation dans notre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, insidieusement le loup s’est installé dans la bergerie, menaçant le devenir de notre système de protection sociale, dictant les conditions de travail des personnels soignants et la déshumanisation de l’accueil et du traitement des patients. Loin de s’améliorer, la numérisation «&nbsp;d’étagère&nbsp;» en cours va encore dégrader cette situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons aujourd’hui mesurer les conséquences de se «&nbsp;copier-coller&nbsp;» sur le plan des logiciels de gestion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple de la mise en place en France du <a href="http://perso.ens-lyon.fr/pierre.lescanne/BUGS/socrate.pdf">PMSI</a> dans les années 80 à l’hôpital est probant. On peut avec les années mesurer les ravages causés par l’importation d’un outil conçu pour le système de régulation américain dominé par la logique des assureurs privés et fondé sur le modèle de l’entreprise industrielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Petite digression.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;L’exemple de la SNCF et la mise en place du logiciel SOCRATE dans les années 90 est également parlant. A cette époque la direction décide, dans la perspective du tout TGV, d’adopter un système de réservation aérien conçu aux États Unis pour remplacer le système de réservation ferroviaire français RESA. L’objectif premier de cette opération a été de faire disparaitre la péréquation au profit d’un ajustement du rapport offre/demande. C’est, de fait, la fin d’un système de transport équitable, une remise en cause d’un des fondements du service public de transport garantissant un juste traitement des usagés sur l’ensemble du territoire.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Socrate a été abandonné en 2003 mais l’objectif de déstructuration aura été atteint, à savoir&nbsp;: dépéréquation, personnalisation de l’offre de transport, segmentation de la clientèle, le tout sur fond de restructuration et de baisse des emplois.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Socrate marque une rupture. Jusqu’à présent la SNCF concevait en interne ses outils. Cette opération va augurer le début de l’externalisation du service d’information de la SNCF et la mise en place, dans le temps, du contrat controversé avec IBM. On ne peut s’empêcher de faire un lien entre les choix opérés dans les années 90 et les incidents de 2017. Là aussi la solution passe par une réindustrialisation favorisant la co-élaboration d’outils de service public.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une filière en pleine croissance … avec ou sans nous&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’électronique et l’informatique ont supplanté l’électromécanique dans le pilotage de l’industrie du médical. Ce changement de paradigme conduit à une «&nbsp;redistribution des cartes&nbsp;» et ouvre de nouveaux espaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les rapports réalisés au cours de ces dernières années dressent le même constat. La France manque d’un grand leadeur dans la filière. Cette dernière est trop atomisée, composée uniquement de PME, start-up et ETI. Nous sommes fragiles, nos talents se font débaucher.&nbsp; De nombreuses start-up, issues de la recherche française, se retrouvent à la merci des grands groupes étrangers. Les projets et parfois les cerveaux qui les ont conçus, vont irriguer l’économie de ces autres pays.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’électronique militaire pourrait être un formidable booster pour le déploiement de la filière médicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Thales, un vivier d’expertises de haute technologie à exploiter.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La France possède une industrie électronique militaire de premier rang. Des groupes tels Thales occupent des places de leader dans un grand nombre de domaines.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, nous possédons, en France, des technologies et brevets confisqués par l’industrie militaire qui peuvent permettre une maîtrise nationale des techniques et la réalisation d’économie importante pour notre système de santé. Prenons un exemple concret&nbsp;: l’incompatibilité des systèmes entre l’hôpital et les territoires (6).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet état pose de gros problèmes d’interopérabilités et engendre des gâchis et des surcoûts importants. Or, les GAFAM et consort considèrent que l’incompatibilité des systèmes n’est pas leur problème. Évidemment, la situation n’est pas près de s’améliorer, elle est même entretenue «&nbsp;business is business&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant des alternatives existent, nul besoin de standardisations, de normalisations contraignantes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thales sait, sur les champs de batailles (qui ne manquent pas hélas aujourd’hui), rendre compatible et fluide, toute la chaîne de détection et de commandement composée d’une multitude d’appareils et logiciels, au départ incompatibles. Pourquoi ce qui est faisable sur un champ d’opération militaire ne serait pas possible à l’échelle d’un hôpital, de nos territoires, à l’échelle de notre système de santé&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La diversification militaire vers le civil peut permettre des avancées insoupçonnées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Réduire les effets de rayonnement. La maitrise du traitement de l’image et la reconstruction 3D permettent l’emploi de doses de radiation plus faible pour une image plus riche permettant la réalisation de diagnostic plus précoce et plus fiable.</li><li>&nbsp;Permettre la miniaturisation et la portabilité d’équipements d’intervention. L’armée est dotée d’équipements qui laisseraient pantois urgentistes et pompiers.</li><li>Assister les médecins et chirurgiens grâce à la réalité augmentée (exemple des lunettes à vision têtes hautes pour les chirurgiens, modélisation 3D des organes complexes …).</li><li>Le déploiement et la sécurisation de la télé chirurgie,</li><li>La réduction des interventions grâce à la radiologie interventionnelle,</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph">L’utilisation des données de santé (7) au service de la recherche médicale grâce à la sécurisation et l’anonymisation des données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de souligner que l’ensemble de ces technologies, qui est accaparée par l’industrie militaire, a été développée sur fond public et bien souvent est issue de recherches publiques. Ne serait-il pas pour le moins légitime, que les fruits retournent aux financeurs (le contribuable).Notons au passage l’action contre-productive des SATT (Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies) censées valoriser les résultats des recherches et qui, en fait, ont tendance à vendre au mieux les brevets pour devenir rentables elles-mêmes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est impératif de donner naissance à un grand champion des dispositif médicaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment faire&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus de 5 ans, la CGT du groupe Thales et la fédération FTM CGT porte cette idée de déploiement de la filière avec Thales comme pivot industriel autour duquel se consoliderait le tissu entrepreneurial existant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut en premier lieu mobiliser les forces endogènes du pays. Pour ce faire, il est proposé de créer un centre national dédié aux technologies de la santé (il pourrait se décliner sur deux ou trois centres régionaux) et à long terme, favoriser l’émergence d’un grand groupe leader français sur ce domaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce centre d’innovation technologique se situerait entre les industries de la filière et les organismes de recherche. Ce serait donc un modèle ternaire comme cela existait dans les années 60 et qui a été à la base de brillants résultats notamment dans le ferroviaire, l’aéronautique, le spatial ou l’énergie. Le projet, c’est la réalisation concrète d’un centre technologique dédié à la fabrication de prototypes et non le regroupement d’entreprises pour utiliser au mieux les subventions comme le font les Pôles de compétitivité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle structure serait à la fois un lieu d’expertise scientifique, technologique et un centre de prototypage. Ingénieurs et techniciens sont chargés de concevoir les nouveaux produits, d’optimiser les procédés technologiques nécessaires pour les réaliser et les tester. En amont, «&nbsp;ils questionnent&nbsp;» les chercheurs, les professionnels auxquels les produits sont adressés, et en aval sous traitent aux PME la production «&nbsp;des premières séries&nbsp;». Ce centre doit donc regrouper les moyens techniques high tech que les petites entreprises ne peuvent acquérir et dans lesquels les grandes entreprises ne peuvent pas investir pour créer des lignes pilotes, interfaces indispensables entre la recherche et la production.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des outils existent et pourraient être revitalisés pour participer au déploiement de ce centre. Thales (à l’époque Thomson) a en effet participé en 1992 à la création d’une association dénommée <a href="http://www.creati.fr/histoire-du-creati-view-15-1.html">CREATI</a>. Cette entité existe toujours et vit avec «&nbsp;les moyens du bord&nbsp;». Avec le temps, «&nbsp;les pères créateurs&nbsp;» se sont désintéressés et celle-ci reste pour eux un faire-valoir social pour leur image auprès des ministères et territoires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même le dispositif, <a href="http://www.geris.fr/ingenierie-rh/pass-competences/">Pass-Compétence</a> développé par Thales, pourrait permettre l’essaimage (interne et externe) des technologies militaires vers le civil et garantir la mobilité de personnel qualifié maitrisant les techniques et technologies impliquées. L’incitation à multiplier les start-up ne nous semble pas la bonne voie. L’essaimage interne dans les grands groupes, et en l’occurrence dans Thales, devrait être encouragé et aidé. L’idée de permettre la création de pépinières internes avait était évoqué dans les années 1990, les avantages de cette formule nous semblent beaucoup plus porteur pour la réussite et l’avenir des projets. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une part du crédit impôt recherche pourraient être transformée en partie en fonds, d’aide à la création de plusieurs structures mutualisées, dédiée aux développements des filières d’avenir dont celle de la santé. Parmi les nouvelles structures mises en place ces dernières années pour le transfert des résultats de la recherche, les IRT (Instituts de recherche technologique) pourraient être une des bases à développer dans ce cadre à condition d’en démocratiser les instances.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le statut juridique des outils que nous proposons devrait relever du droit privé sans but lucratif afin de mettre tous les acteurs sur un pied d’égalité et rendre la relation interne plus coopérative.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les budgets de fonctionnement se répartiraient en trois tiers&nbsp;: un tiers public, un tiers comme réponse à des contrats publics de recherche développement, un tiers provenant de contrats industriels. La propriété industrielle appartiendrait à l’entreprise ou l’organisme qui porte le sujet. Pour tout prototype conçu par le centre d’innovation lui-même, la propriété intellectuelle resterait propriété du centre en attendant un industriel français désirant l’exploiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici quelques pistes. Elles méritent d’être discutées et enrichies par la rencontre des acteurs de la recherche, de l’industrie, les professionnels de la santé, les patients&nbsp;: une initiative à laquelle notre association peut être moteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus&nbsp;:&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list"><li><a href="http://imageriedavenir.fr">http://imageriedavenir.fr</a></li><li><a href="https://revue-progressistes.org/2014/08/26/imagerie-medicale-et-thales-un-potentiel-sous-exploite-jean-luc-maletras-simone-cassette/">https://revue-progressistes.org/2014/08/26/imagerie-medicale-et-thales-un-potentiel-sous-exploite-jean-luc-maletras-simone-cassette/</a></li><li><a href="https://revue-progressistes.org/2015/12/24/big-data-souverainete-nationale-et-secret-medical-sylvain-delaitre/">https://revue-progressistes.org/2015/12/24/big-data-souverainete-nationale-et-secret-medical-sylvain-delaitre/</a></li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(1)&nbsp;Décidément l’histoire bégaie, l’achat des TGV français vont nourrir … Siemens.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(2) Notons la filière est donnée comme une des plus porteuses dans les années qui viennent.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(3)&nbsp;et d’action contre le développement de logiciels français.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(4)&nbsp;Certaines du reste viennent s’implanter sous forme de filiales R&amp;D uniquement pour capter les fonds publics.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(5)&nbsp;Programme de médicalisation des systèmes d’information.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(6)&nbsp;La réforme GHT (Groupement Hospitalier de Territoire) de juillet 2016 implique une migration obligatoire des systèmes informatiques d’ici 2020.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(7) La France dispose d’un patrimoine de données unique, un des plus importants au monde. Cet avantage pourrait être utilisé pour nourrir la recherche médicale, les études épidémiologiques, et ainsi apporter matière pour un développement industriel maitrisé nationalement. </em></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p class="wp-block-paragraph">Source : <a href="http://manifestepourlindustrie.org/la-filiere-medicale-doit-devenir-une-affaire-citoyenne/">http://manifestepourlindustrie.org/la-filiere-medicale-doit-devenir-une-affaire-citoyenne/</a> </p>
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		<title>Une autre approche de l’informatique était possible : il faut tisser les liens entre santé et industrie</title>
		<link>https://imageriedavenir.fr/2014/08/09/une-autre-approche-de-linformatique-etait-possible-il-faut-tisser-les-liens-entre-sante-et-industrie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Imagerie d'Avenir]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Aug 2014 12:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Dossier]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">A l’hôpital, depuis les années 1980 et surtout depuis la tarification à l’activité en 2007, l’emploi et les conditions de travail de l’ensemble du personnel sont profondément dégradés. Le sentiment de ne plus pouvoir faire son métier mine le personnel de santé <em>« On ne nous demande pas d’être auprès des patients, mais de la traçabilité, de la traçabilité, encore et toujours… » … « On se sent coupable. J’ai vraiment l’impression de bâcler mon travail, de ne pas bien m’occuper des patients.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut, avec les années, mesurer les ravages causés par l’importation d’outils conçus pour le système de régulation américain dominé par la logique des assureurs privés et fondé sur le modèle de l’entreprise industrielle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="814" height="611" src="https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash.jpg?resize=814%2C611&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-3596" srcset="https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?resize=150%2C113&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?resize=450%2C338&amp;ssl=1 450w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?w=1628&amp;ssl=1 1628w, https://i0.wp.com/imageriedavenir.fr/wp-content/uploads/2021/09/irwan-iwe-rbDE93-0hHs-unsplash-scaled.jpg?w=2442&amp;ssl=1 2442w" sizes="(max-width: 814px) 100vw, 814px" /><figcaption>Photo <a href="https://unsplash.com" data-type="URL" data-id="https://unsplash.com">Irwan Iwe</a></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Économies drastiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">A l’hôpital, comme avant elle au sein de l’entreprise, l’informatisation a visé la réalisation d’économies drastiques en matière d’emploi. Les premières catégories à en faire les frais ont été les personnels administratifs et le personnel dit « de service ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début (les années 80) les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) sont subordonnées, pour des raisons de gestion financière, à une véritable « chasse » aux « emplois indirects». Celle-ci s’est traduite par leur suppression et par l’externalisation de beaucoup de « métiers support » (bureautique, informatique, entretien et maintenance, …) considérés comme des « coûts » à éliminer et non comme des ressources à développer. Le temps passant, on peut mesurer les effets à courte vue de ce type d’économies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en cause, sur la chaîne de l’information, des « maillons les plus faibles » &#8211; à travers la marginalisation des personnels administratifs et techniques – ne pouvait manquer de se répercuter sur le « maillon fort », les médecins, infirmières et aides soignant(e)s, sur qui a été transféré le traitement administratif des informations. Une opération de transfert sur fond de réduction générale des effectifs. L’affaiblissement des uns provoque la surcharge des autres. Sous couvert d’une polyvalence nécessaire, celle-ci s’est imposée sans véritable débat dans l’hôpital (comme dans l’entreprise) sur la réalité du travail et des métiers.Les choix stratégiques pris dans les années 80 en matière d’informatique produisent pleinement aujourd’hui leurs effets contre-productifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’humain a repris le contrôle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’a une nouvelle fois montré cette crise du Covid-19, l’hôpital s’en est sorti grâce aux coopérations informelles entre les différents métiers et catégories de personnel. Pour beaucoup de personnels soignants la première leçon à tirer du point de vue de cette crise, c&rsquo;est que lorsque l’on fait confiance aux soignants, ils peuvent s&rsquo;organiser. « <em>L&rsquo;autogestion à l&rsquo;hôpital ça fonctionne et nous avons été capables de nous mobiliser</em> », nous dit Christophe Prudhomme, porte-parole de l&rsquo;association des médecins urgentistes de France et membre du bureau de la CGT Santé. Cette auto-organisation contraste avec la politique des autorités politiques qui, au contraire, a créé la pagaille ministérielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’humain a repris le contrôle, les cloisonnements mis en place par les outils numériques ont volé en éclat, les métiers de services ont repris droit de cité. Ainsi, durant le pic de l’épidémie, les directions ont été poussées par le personnel à renforcer certains métiers comme ceux permettant d’assurer l’hygiène et l’entretien afin que le personnel de santé puisse se consacrer pleinement à son métier envers les malades<del>.</del> De même des « emplois support » ont été mis en place pour traiter la gestion des lits. Des décisions de bon sens mais uniquement pour palier une urgence, des mesures éphémères et coûteuses (notamment pour l’entretien) car couvertes par un recours à l’intérim et à des entreprises de services privées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;outil au service d’une fonction</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette crise confirme combien il est nécessaire de supprimer la tarification à l’activité (T2A) et le « Lean management » (gestion à flux tendu). Il faut ré-internaliser les « métiers support » à l’hôpital et tisser de nouvelles coopérations avec l’industrie notamment en matière de système d’information.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la nouvelle phase d’informatisation qui s’est engagée le choix des standards existants n’est pas une fatalité. D’autres options sont souhaitables et possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant longtemps, les aiguilleurs du ciel ont montré qu’une autre approche de l’informatique était possible. La coopération interne entre les métiers leur a permis de disposer de systèmes d’informatisation reposant sur un allègement du travail du contrôleur en prenant en charge les tâches répétitives afin de lui donner tout le loisir d’exercer les fonctions considérées comme centrales de son travail. Ici, le souci est une informatisation pour soulager le travail humain. Cette approche stratégique implique de considérer l’outil comme au service d’une fonction et non comme un objectif final.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nouvelles pratiques et organisations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons une grande créativité en France en matière de logiciel. Nous devons la mobiliser pour élaborer, avec les personnels de soins, les outils utiles pour la pleine réalisation de leur travail. Cette approche nécessite, d’une part, le maintien des départements systèmes d’Information, mais cela ne saurait suffire. Il faut, d’autre part, mettre en place des Unités de Recherche Développement dans chaque regroupement pertinent d’hôpitaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces Unités de Recherche-Développement d’hôpitaux pourraient avoir les fonctions de participer à la création d’un écosystème local d’innovations avec les Universités et les industriels locaux. Elles pourraient encourager les médecins et non-médecins à innover à partir de leurs pratiques. D’être au cœur de conception de prototypes d’outils pour amélioration des conditions de travail et de confort des patients, pour le travail de diagnostic et thérapeutique. De plus, ces Unités peuvent représenter des lieux de reclassement pour des emplois &#8211; très qualifiés &#8211; menacés dans l’industrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le financement de ces unités pourrait mobiliser à pourcentage égal Hôpital, Universités, industriels concernés, et CRTDI-DS (Centre de recherches technologiques et de développement industriel dédié à la santé). Les centres de recherches technologiques et de développement industriel que nous proposons peuvent participer à retrouver une maîtrise des outils de travail par le personnel de soin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des nouvelles pratiques et organisations peuvent être mises en place qui valorisent le travail humain comme ressource-clé, permettant d&rsquo;économiser sur les dépenses en capital et d&rsquo;éviter de nombreux gaspillages. Il faut, entre autres, mettre un terme aux bricolages et travailler à refonder le lien entre le système sanitaire et l’industrie française avec pour boussole la pleine réalisation des métiers et non le niveau de rentabilité pour l’actionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Jean-Luc</strong> est consultant à Geris (cabinet Thales), <strong>Jean-Pierre </strong>est chercheur, ils sont tous d&rsquo;eux membres du collectif Imagerie d&rsquo;Avenir. <strong>Jean Michel </strong>est Docteur en droit public, ancien Directeur d’Hôpital public.</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Source : <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/une-autre-approche-de-l-informatique-etait-possible-il-faut-tisser-les-liens">https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/une-autre-approche-de-l-informatique-etait-possible-il-faut-tisser-les-liens</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>
<p>L’article <a href="https://imageriedavenir.fr/2014/08/09/une-autre-approche-de-linformatique-etait-possible-il-faut-tisser-les-liens-entre-sante-et-industrie/">Une autre approche de l’informatique était possible : il faut tisser les liens entre santé et industrie</a> est apparu en premier sur <a href="https://imageriedavenir.fr">Imagerie d&#039;Avenir</a>.</p>
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