Pourquoi une filière industrielle et technique de l’imagerie médicale ?

À l’heure où tous les grands acteurs mondiaux de la filière électronique, Sony, Samsung, General Electric, Philips, Siemens, … s’engagent activement, investissent des fonds importants sur le marché du médical dont la croissance est estimée entre 5% et 10% par an et tendent à proposer une prestation de plus en plus intégrée, le déploiement des activités médicales en France, avec Thales comme acteur industriel majeur, représenterait un élément fort de compétitivité tout en permettant une meilleure maîtrise des dépenses de santé en France. Cela contribuerait de plus, pour l’entreprise, à la compensation de la baisse des budgets de défense en redonnant une vitalité à d’autres secteurs.

Pour la CGT, la mise en place d’une filière cohérente, maîtrisée par les pouvoirs publics, et incluant recherche publique, recherche privée, monde hospitalier et industrie conduirait à utiliser de l’argent public pour créer non seulement des outils performants au service de la santé, mais aussi, de l’emploi alimentant les cotisations sociales et créant ainsi un cercle vertueux. 

Des problématiques liées au développement de la télé-médecine et à la sécurisation des données se posent déjà depuis plusieurs années sans solution satisfaisante. L’utilisation croissante des images numériques, le développement des besoins en imagerie 3D, la nécessité de réduire les doses irradiantes, tout en améliorant la qualité des images, exigent la maîtrise des techniques de traitement et d’analyse automatique et rapide des images. Au-delà des systèmes de détection, de nouvelles technologies émergent pour la réalisation d’équipements d’analyse complets, compacts et portables, pour répondre à la demande des plate-formes de proximité. Rappelons par exemple, l’importance de la neuroradiologie pour le traitement urgent des AVC. La France se situe au 28ème rang européen en matière de système de communication et d’archivage des images. General Electric, Philips, Siemens, et Toshiba cherchent actuellement à se positionner en France sur le long terme avec des plate-formes intégrées « clés en main » dans le cadre de partenariats public-privé.  Les grosses structures hospitalières se sont déjà équipées en PACS** General Electric, permettant ainsi à ce groupe américain de dicter sa loi en France.

La position actuelle de Thales comme leader dans le domaine des détecteurs est le fruit d’un important effort de R&D poursuivi dans la durée avec le tissu scientifique de la région Grenobloise en particulier. Cet effort ne doit pas s’affaiblir, au contraire, les innovations attendues pour la radiothérapie et les autres types d’imageries médicales demandent plus de coopération avec les établissements de recherche, qu’ils soient CNRS, INSERM ou CEA. Enfin, la restauration d’une filière française d’imagerie médicale structurante permettrait d’assurer un réel développement pérenne aux quelques PME* innovantes présentes sur ce marché (par exemple, Mauno Kea, Surgivisio ou 3D EOS Imaging).

Le secteur industriel s’est considérablement affaibli en France. Il faut des projets s’appuyant sur les savoir-faire encore existants, dans les PME et dans les grands groupes. Ces derniers doivent refonder leur stratégie sur une ambition technique et non pas seulement sur le rendement financier demandé par les actionnaires. Cette stratégie doit associer des PME en tant que partenaires et non plus uniquement en tant que sous-traitants tellement pressurés qu’ils ne peuvent se développer indépendamment ! La plupart de ces groupes ont reçu des aides substantielles de l’état via le CIR, dispositif censé augmenter le niveau de la recherche privée et qui a essentiellement servi à abaisser le coût du travail. La nouvelle loi ESR prône les transferts de la recherche vers l’industrie, ce sera en vain si les entreprises ne modifient pas leur comportement.

Pourtant, en France, de nombreux secteurs peuvent se développer si l’effort est fourni : l’énergie, les transports, les biotechnologies, etc. La CGT Thales a saisi le dossier de l’imagerie médicale comme un exemple de filière qui pourrait satisfaire à la fois l’industrie et les besoins de la société.

 

Comme le montre le schémat page 3, une variété de métiers Thales peuvent rapidement contribuer à l’amélioration des principaux éléments de l’imagerie médicale : l’acquisition des images, le traitement d’images dégradées par l’utilisation de doses plus faibles, le stockage, la géo-localisation, la gestion et le partage de ces données en toute sécurité. Les perspectives ouvertes par les nouvelles technologies telles que la réalité augmentée, la robotique et les nanotechnologies peuvent accroître la qualité des prestations, la sécurité et le confort tant du personnel médical que des patients.

 

Les applications sécurité et défense de Thales font appel à toutes ces capacités, pourquoi ne pas les utiliser pour aller enfin vers de vraies technologies duales ? 

 

Des start-up issues de la recherche ont émergé, Thales pourrait constituer un pivot industriel fort autour duquel se consoliderait ce tissu entrepreneurial. Les pôles de compétitivité Systematics, Medicen et Cap Digital se sont associés dès 2010 pour traiter le thème TIC et Santé. L’imagerie numérique constituait l’un des axes prioritaires. Thales ne peut ignorer cet engagement !

La CGT a engagé des discussions avec les ministères, avec les professionnels de la santé, avec les chercheurs de l’INSERM, des professeurs de médecine et des responsables de CHU. Le projet porté par la CGT reçoit un bon accueil parce qu’il correspond à une vraie attente de partenaires orphelins d’un fédérateur de la filière « imagerie médicale » en France. Cependant, au niveau de Thales, un tel projet doit être soutenu en premier lieu par les salariés pour engager la direction du groupe dans une voie qu’elle qualifiait il y a un an comme « non cœur de métier ».

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