Édito: bulletin n°8

Il y a près d’un an que notre dernier bulletin vous était présenté[1]. Cependant, le Groupe de Travail CGT sur les technologies de la santé n’est pas resté inactif ! En effet, depuis 4 ans que nous travaillons sur cette filière, nous avons pu progressivement en mesurer les principaux enjeux.  Nous avons poursuivi notre veille sur le sujet, participé à des conférences et effectué des entretiens avec divers acteurs intéressés par notre action.

A chaque fois, un même constat : la France a un énorme potentiel reconnu internationalement mais manque d’industriels majeurs prêts à développer et exploiter ces richesses technologiques. Les programmes stratégiques et les financements du CGI n’ont pas modifié la situation, il n’y a toujours pas d’investisseurs en France  pour assurer le développement et les grands groupes en quête de rendement financier optimal refusent le risque industriel, les grands groupes étrangers pillent (ou étouffent nos start-ups !

Le Livre Blanc du G5 Santé* (octobre 2016) intitulé « Faire de la France un grand pays des industries de santé » reconnaît que la transformation des résultats scientifiques se heurte à des obstacles et souhaite faire de la R&D des entreprises le « fer de lance de l’innovation médicale » et soutenir la production sur le territoire national. Malheureusement, les industriels français de la santé se concentrent essentiellement sur ce qui existe déjà soit l’industrie des médicaments ou sur le développement de l’e-santé. Le Comité stratégique de la filière relaie ces objectifs (rapport e-santé 2016) et la France semble donc avoir définitivement abandonné la production des équipements aux grands groupes étrangers (37% du marché français à General Electric). Seules, quelques PME, très spécialisées, s’illustrent à l’international sur le secteur de l’imagerie.

En ce qui concerne l’imagerie médicale (6Mds € par an à la charge de l’assurance maladie), la Cour des Comptes remarque dans son rapport 2016 que les établissements  français sont souvent équipés de modèles haut de gamme polyvalents (standards largement préconisés par les vendeurs car très rentables) alors qu’il faudrait plutôt adapter les investissements aux besoins réels pour une meilleure répartition sur le territoire. Il y aurait donc une place pour des équipements nouveaux et mieux ciblés ? On retrouvera cette démarche dans l’interview de M.A. Vitrani dans le domaine de la robotique. Les entreprises vendent de la technologie clé en main aux praticiens sans se préoccuper de la culture du pays ni des besoins identifiés.  Par ailleurs, la tarification aux actes (T2A) mise en place tend à surévaluer les actes techniques en oubliant les personnes, ce que déplorent les soignants.

Il est aussi noté que les systèmes d’archivage et de communication électronique (PACS) sont potentiellement de puissants outils pour améliorer l’efficience de l’imagerie et apporter des économies significatives en particulier en évitant la redondance des actes (40% d’examens évitables) mais encore faut-il régler les problèmes d’interopérabilité et de sécurisation des donnés ! Moins d’un tiers des PACS communiquent avec d’autres acteurs du territoire !

Certains industriels ont saisi l’importance d’entrer dans le domaine de la santé comme Dassault Systèmes qui met sa plate-forme  virtuelle 3D à la disposition de l’INSERM pour modéliser la complexité biologique et effectuer des expérimentations cliniques virtuelles. Ce type de collaboration pourrait très certainement être envisagé avec Thales ! Comme les activités de défense, l’industrie de la santé doit être considérée comme stratégique, car non seulement elle offre une opportunité de développement mais elle doit aussi assurer l’indépendance sanitaire de notre pays. Notre sécurité sociale à besoin d’une industrie médicale maitrisée sur le territoire. Notre revendication d’une 6éme verticale « industries médicales » dans Thales garde tout son sens

[1] Disponible sur le site www.imageriedavenir.fr

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