Dispositifs et technologies de santé : une feuille de route pour un plan industriel

Nous vous présentons ici un bref résumé d’un document élaboré en 2014 par le Comité Stratégique de la Filière “Dispositifs médicaux et technologies de la santé”.

Ces travaux se sont inscrits dans le cadre des 34 projets retenus en 2013 pour le Plan Industriel d’Avenir et sur la base du rapport  du Conseil Stratégique des Industries de Santé “Mesures stratégiques pour une industrie responsable, innovante et compétitive contribuant au progrès thérapeutique, à la sécurité sanitaire, à l’économie nationale et à l’emploi en France”.

Le CSF est constitué d’une équipe “multi-fonctionnelle” réunissant compétences publiques et privées, administrative, financière et industrielle. Parmi les entreprises, des ETI (Sorin, Mauna Kea) et grands groupes (General Electric, Orange Healthcare).

La filière, dispositifs médicaux et technologies de la santé, représente un marché mondial en forte croissance dans un environnement où la balance commerciale est déficitaire en France, alors qu’elle est positive en Europe. Le comité constate que les dix premières entreprises de dispositifs médicaux implantées en France sont américaines si l’on excepte Essilor et Biomérieux.

Cependant, la France, peut-on lire, se positionne aujourd’hui comme une terre d’innovation pour les technologies médicales dans un certain nombre de segments parmi les plus porteurs de l’industrie. Elles se développent au carrefour de nombreux champs disciplinaires (mécanique, plasturgie, physique, chimie, biologie et de plus en plus électronique et informatique)… tout comme les activités du groupe Thales !

Le CSF relève la présence, dans le domaine de l’imagerie médicale, d’une centaine de laboratoires de recherche et souligne que notre recherche académique et clinique est reconnue mondialement, (plus de 1100 chercheurs statutaires et 650 doctorants et post doctorants) et se concentre dans six grands pôles régionaux : Ile-de-France, Rhône Alpes, Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Alsace et Bretagne. Cette recherche se nourrit essentiellement de financements publics. Seul, le domaine des ultrasons constitue une filière complète.

u-delà de l’imagerie, le potentiel de développement en France est basé sur des atouts reconnus dans les domaines du diagnostic in vitro, cardiovasculaire, orthopédie, endoscopie, plaies, neuromodulation, neurostimulation, mais également dans des segments transversaux basés sur l’électronique et l’informatique par exemple dans les technologies peu invasives, ou dans la robotique, à partir des technologies spatiales et de défense en particulier  ou encore avec l’acquisition et la gestion sécurisée des données (Big Data).

Le comité pointe la difficulté à exploiter pleinement le potentiel de développement de la filière en France. La France manque de leaders internationaux qui pourraient avoir un effet d’entrainement sur la filière et l’innovation profite peu au tissu industriel français. Malgré une politique volontariste de soutien des pouvoirs publics à la filière, l’effort de santé réalisé par la collectivité  bénéficie in fine aux acteurs les plus importants, issus d’autres zones géographiques, diminuant voire annulant le retour pour l’économie nationale.

Les technologies médicales
au secours de la balance commerciale

 

Pour autant il est précisé que si le grand leader français des technologies médicales n’existe pas en tant que tel, toutes les compétences stratégiques, technologiques, techniques et financières sont présentes et de citer  Thales, Orange, ST Microelectronics, Air Liquide ou Sanofi.

Le plan industriel élaboré par le CSF est alors construit autour de l’ambition d’ancrer en France une industrie des technologies médicales capable de participer au redressement de notre balance commerciale. Les axes proposés s’articulent autour de l’évolution des entreprises recensées : développement des start-up, consolidation des PME et des ETI, rapprochement des grands groupes et des PME basés en France autour de projets communs, développement de l’exportation.

A la barre, la Banque Publique d’Investissement, Le Commissariat Général aux Investissements, la Direction Générale des Entreprises. L’état se présente comme co-investisseur dans le cadre “French Tech” pour assurer aux start-up un “environnement financier vertueux”.

  1. Création de mini clusters (Medtech cités) pour regrouper des acteurs clés et créer des champions du monde (!) : entrepreneurs, labos académiques, organisations professionnelles, labos d’impression 3D, services réglementaires, connexions avec les services hospitaliers et les praticiens, services de valorisation de la recherche, mentors, investisseurs.
  2. Création d’une Alliance des technologies médicales, qui serait force motrice,  par une structure collaborative entre grands groupes et PME avec un projet de démonstrateur collaboratif.
  3. Identifier des pilotes d’intégration et les financements publics pour amorcer le financement privé (effet de levier), valoriser les brevets académiques.
  4. Un thème prioritaire : les dispositifs communicants avec la possibilité de créer un “standard”.

Ces dispositions ont été lancées en 2014 et des Etats généraux, prévus au premier trimestre 2015 devraient en faire le point.

On retrouve bien dans les constats et les propositions nombre d’arguments que la CGT Thales a présentés et qu’elle soutient depuis trois ans. Cependant, la mise en oeuvre ne sort pas vraiment des sentiers battus qui ont fait leur preuve d’inefficacité !

 

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