Que diriez-vous de participer à la reconquête de l’imagerie médicale française avec nous ?

 

Reconquête

 

Empêcher le gâchis, restaurer la confiance pour développer l’imagerie médicale française alors que besoins et enjeux sont immenses, c’est la tâche à laquelle ont décidé de contribuer les syndiqués CGT de Thales.

En tout premier lieu, ils exigent de la direction du groupe qu’elle leur fournisse des garanties de maintien de l’imagerie médicale en son sein ainsi que la pérennité des financements de sa R&D. Toutefois, au regard du retard qu’accuse le pays en matière de radiologie (voir article ci-contre) et des enjeux de santé publique attachés à son développement, le « maintien en l’état » ne suffit pas. La maîtrise technologique dont dispose le groupe français Thales en matière d’imagerie médicale, les pistes prometteuses qu’ouvre sa recherche (ex. les multisources Rx à nanotubes de carbone pour la 3D) sont autant d’atouts en faveur d’une reconquête. La question posée aujourd’hui est celle du développement volontariste d’une activité industrielle indispensable, s’appuyant sur les besoins des patients, des professionnels de santé, des acteurs de la protection sociale. C’est donc avec eux, dans une sorte de « fertilisation croisée », que la CGT Thales veut bâtir un projet industriel à promouvoir auprès des décideurs publics et privés.


Radiologie : le retard français
La France accuse toujours un retard important en matière d’IRM, révèlent les rapports des professionnels de l’imagerie réunis au sein d’ISA (Imagerie, Santé, Avenir).

De ce fait, les praticiens recourent souvent au scanner, plus irradiant, même si des recherches sur les sources utilisées promettent d’y remédier sous peu. Un effort d’équipement soutenu en IRM est nécessaire. Au regard des objectifs des plans Cancer successifs, la France, avec un délai moyen d’attente d’examen de 32 jours, reste à la traîne. Les inégalités régionales se creusent, dessinant un accès à la santé à deux vitesses. Autre retard : à peine 20% des hôpitaux publics disposent d’un système de gestion informatique des images médicales avec des fonctions d’archivage, de stockage et de communication, souvent limité au seul usage de l’établissement qui en est doté. « Le dossier papier complété de films de radiologie dans les chemises cartonnées qui s’épaississent au fil du temps et trop souvent s’égarent, est encore d’actualité dans la majorité des établissements », pointent les rapporteurs.


De la CGR à Trixell : chercher l’erreur

En 1987, Thomson-CSF choisit de vendre (échanger ?) la Compagnie générale de radiologie (CGR) à l’Américain General Electric. Contrepartie : les actifs de RCA dans la télévision (dont Thomson se retirera dans les années 90). A l’époque de cette opération, la France est à une croisée de chemins : échographes et IRM, technologies de pointe, vont bientôt équiper de nombreux centres hospitaliers. Mais la France n’a plus d’industrie médicale. General Electric Healthcare sera de ce fait l’un des grands gagnants de l’effort d’équipement français. Cette opération a offert, sur un plateau, le marché européen à une entreprise américaine qui était jusqu’alors absente dans cette zone.
En 2012, le groupe Thales (anciennement Thomson-CSF) envisage de se séparer de la branche imagerie médicale (re)constituée autour de Trixell et TED XRIS. L’imagerie médicale est en pleine mutation, les besoins nationaux et mondiaux sont importants, en particulier pour les technologies d’acquisition et de traitement de l’image où le groupe français fait figure de leader mondial. Sans tirer le moindre enseignement des erreurs du passé, Thales projette cette fois encore de céder sa branche imagerie médicale, plutôt que d’exploiter ses atouts pour développer une industrie de pointe dont la France et l’Europe ont besoin.

Un commentaire pour Reconquête
  1. Pascal Répondre

    Les possibilités offertes par la puissance de traitement des ordinateurs actuellement ouvrent aux applications de radiologie X des champs innovants. Un exemple : la réalité augmentée (gourmande en temps de calcul) pourrait être mise à profit pour former les praticiens à des actes chirurgicaux tels que l’angioplastie (modification d’un vaisseau sanguin par dépôt d’un dispositif de dilatation ou stent sous X) sur des modèles.

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