Peut-on vendre une activité leader sur le marché de l’imagerie radiologique ?

 

Coeur de métier

 

Cette position enviable de leader du marché de l’imagerie radiologique est le fruit d’un important effort de R&D poursuivi dans la durée, d’unités de fabrication performantes, d’une présence continue de plus de cinquante ans sur le bassin grenoblois où les entités Thales sont parfaitement intégrées dans un tissu universitaire et scientifique très actif dans le domaine des hautes technologies.

Ainsi, Trixell consacre quelques 20 millions d’euros par an à la R&D, dont une part non-négligeable vient irriguer des projets de développement, comme Minatech à Grenoble, un campus d’innovation unique en Europe et au meilleur rang international dans le domaine des micro et nanotechnologies. Des pistes prometteuses pourraient s’en dégager, entre autres en matière de résolution d’image. Trixell prend également part à des projets de co-développement avec des industriels du bassin, comme ST-Microelectronics. Aujourd’hui toutefois, Thales soutient que la branche imagerie médicale ne faisant pas partie de son cœur de métier, les financements de la R&D pour la radiologie pourraient servir à d’autres fins. Une approche que réprouve la CGT du groupe.

Pour l’organisation syndicale, les technologies mises en œuvre par le groupe sont duales dans leurs applications, civiles ou militaires, et les pistes de développement qu’elles ouvrent nécessitent des synergies très larges. « Les innovations s’opèrent par fertilisation croisée », résume un militant. Pour lui, les outils d’imagerie font partie de la grande famille des technologies développées par Thales : radars, sonars, capteurs et éléments de traitement du signal, visualisation en temps réel… C’est là le véritable cœur de métier du groupe. A l’appui de cette conception, le développement par TED XRIS de produits utilisés dans la sécurité, en particulier un procédé innovant pour le contrôle des bagages dans les aéroports. En plus de l’image traditionnelle fournie par le passage aux rayons X, la technologie employée permet une analyse des composants chimiques contenus dans les bagages. Mais il y a deux ans, cœur de métier ou pas, Thales a vendu cette activité. Le flou semble donc savamment entretenu autour de la notion. Au détriment d’une approche transverse de la recherche et de ses retombées productives.

6 commentaires pour Coeur de métier
  1. Nicolas Répondre

    Quelle activité Thales a vendu il y a deux ans ?

  2. Pascal Répondre

    L’activité vendue concerne une nouvelle technologie de détection X : la spectrometrie rayon X. Cette technologie permet non seulement de visualiser une image traditionnelle sous X mais apporte en plus des informations sur la nature chimique des matériaux traversés. Un exemple d’utilisation : le contrôle des bagages dans les aéroports, plus la peine de jeter ses flacons et autres bouteilles ; le détecteur se charge d’en évaluer sous X leur composition à savoir si c’est de l’eau, du vin ou … un gaz mortel. Une technologie de pointe pour une législation qui devrait évoluer puisque certaines interdictions devraient tomber d’ici peu.

  3. Pascal Répondre

    Voir aussi le site web de Multix :
    http://www.multixdetection.com/

  4. Nicolas Répondre

    Cette activité occupait quel(s) site(s) de Thales ? Elle a été vendue à qui ?

  5. pascal Répondre

    Il s’agit du site de Moirans (Isère).
    Pour savoir à qui a été vendue cette activité, voir http://www.multixdetection.com/, –> about. Deux types d’actionnariat : des fonds d’investissements et deux actionnaires anciens salariés de Thales.

  6. Commandant P. Répondre

    extrait du Rapport Gallois, page 14 :
    (on peut dire que TRIXELL est une « PME » hébergée dans un grand groupe à gouvernance française)

    La France, contrairement aux idées reçues, est une terre d’émergence de PME innovantes,
    souvent révélées par le programme des Investissements d’Avenir et par les projets
    collaboratifs des pôles de compétitivité. La création d’entreprises est plus active en France
    que chez la plupart de nos voisins. Le problème des PME est de grandir sans se faire racheter,
    soit par les grands groupes français (moindre mal), soit, de plus en plus souvent, par des
    groupes ou des fonds étrangers parfois prédateurs.

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